Assez avec l’art contemporain! (compris le cirque contempoRIEN)
- Zorybel Garcia
- 14 feb 2025
- 2 Min. de lectura
Actualizado: 16 feb

L'art "contemporain," y compris le cirque contemporain, se construit au final toujours sur des fondations capitalistes.
J'ai l'impression que le cirque contemporain français est orphelin et qu'il a adopté une mauvaise idée du théâtre européen moderne : sans mystère et réprimant le désir du corps derrière des formes souvent insipides (Ex: l'école Fratellini, à Toulouse,etc)
Mon identité artistique s’est forgée dans une tension permanente. Issue du Sud global, j'ai grandi avec l’idée inoculée que l’excellence artistique était indissociable des auteurs et des canons européens. On nous apprend que le "vrai" savoir vient du Nord, une vision hégémonique qui finit par invisibiliser nos propres racines et récits. C’est avec cette illusion — l’idée que les écoles de cirque européennes étaient le sommet absolu de la création — que j'ai entrepris mon voyage vers l'Europe, et ici j'ai pu constater que si la technique est universelle, le regard, lui, reste profondément eurocentré.
J'ai compris que mon corps portait une archive de résistance que les manuels européens ne pouvaient pas enseigner. À mon arrivée dans ce pays de montres, de banques et de paradis fiscaux, cette certitude est devenue ma boussole. Aujourd'hui, ma démarche personelle et avec la Cie Los Babuinos est de déconstruire cette hiérarchie. Il ne s'agit plus de s'adapter au moule européen, mais de revendiquer une esthétique de la périphérie.
Manifesto Cie. Los Babuinos
La modernité, la postmodernité et le contemporain : autant de constructions issues d'un monde globalisé et vide, d'une vision eurocentrée et nord-américaine. Nous, Los Babuinos, choisissons de donner voix aux peuples opprimés par cette modernité, de démanteler l'étiquette du "contemporain". Car l'art dit contemporain, nourri par l'extractivisme, asservi aux lois du marché et aux caprices de ses institutions, n'est qu'un outil de l'élite, qui décide de ce qui est de l'art ou non.
Nous revenons à l'origine, au marginal, à l'indompté. Nous forgeons d'autres dialogues, d'autres récits, car il est de notre droit le plus fondamental de sculpter notre propre destin, de nous affranchir de l'hégémonie européenne et de ses carcans conceptuels.
Nous aspirons à transcender ces constructions insoutenables pour notre planète. Nous cherchons à redéfinir la relation entre l'humain et la nature, à l'éveiller à une conscience écologique profonde. Nous nous libérons des chaînes du capitalisme mondial, pour rendre l'art à son essence: la communauté.

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